31 octobre 2006
Son corps brûlant
Pendant cette heure blanche où l’été devient hiver, j’ai tenu son corps chaud contre le mien. Dans la nuit noire, sa peau brûlante contaminait la mienne, je sentais cette chaleur se diffuser et pénétrer mes pores.
De tout son poids sur mes bras, j’ai arpenté tous les sols de la maison pour calmer ses pleurs et sa détresse. Dans un parfum de lait vanillé, le pouce dans la bouche, elle me regardait de ses petits yeux pénétrants et son regard profond me faisait comprendre toute sa douleur.
Son bras ballant le long de mes flancs, je sentais sa petite main me serrer et vérifier ma présence.
Le verdict est tombé ce matin, Thelma a une angine.
Ces nuits où l’on ne dort pas sont difficiles et très fatigantes. Mais ces regards croisés, ces câlins réconfortants et ces moments intenses et intimes, à l’abri du monde, sont très émouvants.
Il faudrait des nuits plus longues, des heures élastiques, pour profiter pleinement de ces petits moments bien privilégiés (sans être cuite le lendemain !).
30 octobre 2006
La vingt cinquième heure
Maudite soit cette heure d’hiver qui nous a donné tout loisir d’entendre Thelma hurler une heure de plus pendant la nuit qu’elle a passé à subir les spasmes de son petit estomac malade pendant qu'à tatons, nous arpentions les lames du parquet à la recherche de celles qui grinceraient le moins et qui nous éviteraient de voir Louise et Elton, bouffis et grognons, se lever comme un seul homme au beau milieu de la nuit noire.
Maudite soit cette heure d’hiver qui nous a également permis, après une nuit blanche d’angoisses et de cris, de passer plus de temps à nous cramponner à nos pinceaux dans notre future presque jolie cuisine.
Damnée soit cette heure surnuméraire qui a déréglé toutes les horloges biologiques de la maison pour mettre tout notre petit monde sur le pont ce matin à 7h00 alors que nous aspirions à un peu de repos après ce week-end fou.
Ahhh… joies de la peinture, joies de la culture, joies de la progéniture et des économies d’électriciture (fallait que ça rime !)
P.S. : A nos lecteurs et lectrices fans de M6 Déco : toute ressemblance entre ma cuisine ringarde et les création gothico-post punk de la dame à cuisses rondes qui refait les appart’ de tout le monde à l’œil serait totalement fortuite. A vous, fans de chandeliers noirs sur fond de murs verts et autres adeptes du rococo, je dédie mes portes en chêne à chapeau de gendarme qui font depuis toujours un malheur chez les plus de 50 ans. (si au passage quelqu’un peut lancer un appel de fonds pour financer l’achat de portes plus dignes du 21ème siècle, faîtes le discrètement. La vraie générosité est celle qui ne se dit pas. Merci d’avance !) –
Signé : Une maman courageuse mais fauchée.
28 octobre 2006
Les peintures de la cuisine, suite
Les travaux avancent gentiment. Difficile de gérer les enfants, les repas et la cuisine en bataille mais on en sera d'autant plus heureuses lorsque ces foutus carreaux seront masqués.
Voilà sur quoi nous mangeons depuis 24 heures :
Et voilà notre cuisine avec sa sous-couche :
Reste plus qu'à peindre... Demain et lundi.
Alors ? pas trop mal hein ? ;o)
26 octobre 2006
Les peintures de la cuisine
Molly a eu l'heureuse idée de profiter de ses vacances et de ma présence pour redonner un coup de jeune à la cuisine.
Parce que ça :
On n'en peut plus !
Alors on commence donc par des choses simples comme débarrasser le plan de travail et lessiver toute la cuisine.
Ok là, j'avouerais que je ne suis pas très chouquette... Mais bon, pensez-vous vraiment que Marina de The L Word pourrait franchir le seuil de ma porte à ce moment précis ?
Mmm ?
Mais voilà, comme les choses ne sont jamais simples et que le précédent propriétaire était un gouniaf de première, voilà ce qui se passe :
On voulait simplement refaire les peintures !!
- Kip : "On a déjà 3 gosses en bas-âge, ça ne nous suffit pas ?? Pourqoi on s'emm**** comme ça !!"
- Molly : "Donne-moi une bière chérie"
- Kip : "non mais attends, j'vais quand même pas lessiver le plafond là ??"
La suite en fin de semaine ?
25 octobre 2006
Une aubaine
Dans un mois, mon congé maternité se termine et j’ai envie de dire déjà. Je n’ai pas vu le temps passer. Pourtant il s’est écoulé près de 9 mois durant lesquels j’ai regardé mon ventre s’arrondir puis les filles grandir.
Pendant 9 mois sans travailler, j’ai eu la chance de profiter pleinement de ces jolis moments mais les unes après les autres, je vois ces échéances m’éloigner de ma grossesse.
- « Ca y est, c’est terminé. »
Il ne reste plus que cette petite ligne brune sur mon ventre qui, elle aussi, disparaît de jour en jour.
Et puis pendant que je pouponnais, pendant que mes yeux attendris se faisaient percer par ceux de mes filles, une mauvaise nouvelle s’est transformée en aubaine.
Je ne reprendrais pas le travail, le chômage pointe le bout de son nez.
Oui, une aubaine.
La séparation ne sera pas brutale, la séparation se fera gentiment, sur un chemin élastique de 23 mois, en douceur, avec comme horizon un nouvel avenir professionnel.
Une aubaine je vous dis !
Je ne profiterai pas de ce temps donné et rémunéré pour doucement regarder nos enfants grandir. J’ai la chance de changer de vie, je prendrai simplement mon temps, sans brusquer ni mes envies, ni celles de ma famille.
Une mauvaise nouvelle qui donne le sourire.
19 octobre 2006
Tête à claques
Au lycée, je viens de passer deux jours à tenter de comprendre le fonctionnement de notre tout nouveau laboratoire de langues multimédia (installé pour la modique somme de 60 000 euros qu'il va bien falloir rentabiliser). Un joujou extra qui va nous permettre de numériser toutes sortes de supports audio, vidéo etc, de fabriquer des questionnaires avec des mises en pages enfin dignes du XXIème siècle, bref, un engin qui devrait dépoussiérer un peu notre bonne vieille manie d'utiliser encore et toujours des polycopiés tout gris et mal cadrés qui ne donnent absolument pas envie d'être lus (et qui, contrairement à ceux que l'on nous distribuait quand nous étions enfants n'ont même plus le charme fou de l'odeur d'alcool qui nous chatouillait les narines).
Voilà, deux jours passés à apprendre, comprendre, tester, échouer, réessayer, inventer des projets pédagogiques fous, les tester, les remanier pour finalement les perdre dans les méandres de notre serveur informatique.
Et voilà que ce soir déboule THE BOSS suivi de près par son intendant carriériste, la bouche en coeur, qui vient vérifier que ses troupes sont bel et bien au travail. Flicage ? Petite visite de courtoisie ? Non, non, c'est juste que l'intendant est venu dégainer son téléphone portable/appareil photo numérique pour nous prendre en photo "pour une fois en plein travail" comme il dit. Lui dont le seul rapport avec les élèves se résume à la vue qu'il en a depuis son bureau du 4ème étage.
Dommage que la souris de l'ordinateur ait remplacé le BLED et le Bescherelle parce qu'il se serait pris un bon kilo de culture sur le coin du nez celui ci.
Pour maman Molly au travail
Vidéo envoyée par molly_et_kip
18 octobre 2006
Je me souviens
Avant-hier soir, nous avons appris le début de grossesse d’une amie.
Pendant un instant, j’ai senti cette joie qu’on sent vibrer dans tout son corps, ce cœur qui bat plus vite, cette tension dans l’estomac et cette envie de crier, fort, à la première personne qui passe, et au monde entier, cette joie qui nous traverse.
Je me suis mise à la place de mon amie et pendant quelques minutes, j’étais comme sur un petit nuage, comme si la nouvelle m’était destinée.
Les jours qui suivent le verdict sont à part, extraordinaires, d’une autre planète.
Notre vie vient de basculer.
Je me souviens de cette euphorie qui se lisait sur mon visage et cette légèreté de vivre, ce nouvel horizon qui se dessine, inconnu mais tant attendu.
On ne vit plus qu’à travers ces nouvelles cellules, on ne pense qu’à ce petit être qui pousse, on se sent incroyablement vivant, invincible, avec ce petit ventre imperceptible dans le creux de la main.
A partir de ce bout de papier indiquant le résultat positif, ce n’est que du bonheur… Mais de l’anxiété aussi. De l’inquiétude. Parce qu’on est déjà maman. De la minute où l’on nous informe qu’un petit être pousse en nous, on est parent, responsable et infiniment inquiet !
Pour ma part, Amour, joies, inquiétudes, culpabilité sont les mots qui résument l’idée d’être parent.
Indilou, ce que tu vis en ce moment même, toute cette joie qui te pénètre, ces bonheurs que tu imagines ne sont rien comparés à l’immensité qui t’attend dans 9 mois.
Bienvenue dans le monde de colliers de nouilles et de porte-crayons en rouleaux de papier toilette, de pâte à modeler collée sous les chaussures et de purée de carottes au plafond de la cuisine, de la musique de Oui-Oui en boucle pendant des heures et de 25 bodys à repasser par semaine…
Bienvenue dans ce monde pendu aux lèvres du bébé…
Grosse fatigue
Biiiiip
Biiiiip
Biiiiip
Hein ? Quoi ? Qui suis-je ? C'est quoi ce bruit ? On est quel jour ? Je fais quoi aujourd'hui ? Y'a cinq minutes j'étais clown équilibriste et maintenant je fais quoi ?Je dois aller où ? Je réveille les enfants ou je pars seule sur la pointe des pieds ? Je réveille Kip ou je déjeune seule ? On est quand, on va où ?
On a tous connu ces petits moments d'égarement qui suivent la sonnerie ingrate du réveil le matin. Trop fatigué et tiré d'un sommeil trop profond pour être digne au saut du lit. Eh bien depuis quelques jours, j'ai chaque jour cette sensation. Je me lève amnésique tous les matins, comme tirée d'un gouffre où j'aurais passé des lustres. Je suis perdue, assommée. Je suis fatiguée ! La vie de femme active mère de trois enfants a eu raison de moi et de mon éternelle fraîcheur. Je crois que je ne vais pas tarder à me tartiner d'anti-rides ! Enfin... seulement si ça se vend au kilo.
08 octobre 2006
Petite vague de fraîcheur
Kip est partie ce matin, en short, sur les sentiers qui longent le canal de l'Ourcq pour une petite virée cycliste en solitaire d'une cinquantaine de kilomètres. Il fait 8 degrés dehors.... brrrrr !
Ce matin au réveil, Thelma et Louise nous ont accueillies dans leur chambre avec de grands sourires édentés et des bras et des jambes agités par des soubresauts de plaisir.
Hier soir en voiture, alors que je roulais, seule avec Elton, j'ai eu droit à de grandes déclarations "Ze t'aime maman, de tout coeur, pour toute ma vie" agrémentées de soupirs de satisfaction.
Il n'y a pas à dire, même si ça paraît banal, même si j'ai l'air de me repaître de ces petits moments de douceur passés ensemble, eh bien je dois avouer que dans la jungle qui fait mon quotidien de prof dans les banlieues difficiles, ces quelques mots, ces quelques images, ces quelques regards de complicité échangés me font un bien fou et m'aident à croire encore un peu en la douceur de l'enfance et en la persistance de sentiments différents de l'arrogance, le conflit et l'agressivité.














