23 février 2007
Aigre/doux
En ce moment, ce diable d'Elton ne tarit pas d'éloges sur sa maman ( moi en l'occurence), j'ai beau savoir que c'est l'Oedipe qui veut ça, j'en profite quand même avec une lâcheté que j'assume tout à fait.
"Maman, je t'aime de tout mon coeur". Petit regard en coin, bouche pleine de nouilles et/ou assis sur le pot le visage déformé par l'effort.
"Maman, je t'aime à la pistache, à la vanille et au chocolat", petit sourire en coin au rayon frais.
"Ma grosse Maman, je t'aime fort", bon, ça je suis moyennement fan mais je prends quand même.
"Maman, je t'aime de tout mon coeur, pour toute la vie" quand j'ouvre le placard des biscuits.
"Tu es ma Maman à moi, yes baby !", visage charmeur et oeil pétillant.
Et moi, j'en profite. Je savoure. Même le 257ème "je t'aime" de la journée, tout intéressé soit-il me fait vibrer la fibre maternelle parce que je sais qu'aucun homme avant lui ne m'avait dit ça. Parce que je sais qu'il ne le redira pas. Parce que je sais aussi que la vie est ainsi faite qu'un jour, quand il sera trop tard, il regrettera de ne me l'avoir pas assez dit, d'avoir oublié, de n'avoir pas osé. Parce que je l'ai fait aussi.
17 février 2007
Damien, Renan & Mika
Je pensais qu'aucun homme ne me ferait monter au 7e ciel.
J'ai eu tort. Je me suis trompée.
Ils sont trois. Trois rencontres différentes mais tout aussi magiques et envoutantes.
Damien Rice, irlandais authentique. (http://www.damienrice.com/)
Renan Luce, français au charme unique. (http://renanluce.artistes.universalmusic.fr/)
Mika, libanais original et explosif. (http://www.mikalife.fr)
Je vous conseille fortement, non, je vous oblige à vous procurer les albums de ces 3 extra-terrestres de la musique.
Un pur bonheur !
16 février 2007
Ma boule à facettes
C'est comme ça que je l'aime. Diverse. Surprenante. Fragile mais toujours combattante.
Quand je l'ai rencontrée elle était un peu du genre "Laisse moi dans mon coin, j'écoute Placebo, je déprime, ça m'fait du bien." Moi qui vois la vie en rose, j'avais horreur de ses idées noires.
Puis elle a eu sa période sport "Pffff, pffff ! Wow, je me suis déchirée à vélo aujourd'hui. 75 bornes en sous bois avec des côtes à 25%... Wow ! J'ai les jambes en bois. J'te laisse, j'vais prendre un bain." Moi, quand je monte sur un vélo, j'ai environ 30 minutes d'espérance de vie, alors bon... ses exploits cyclistes me laissaient songeuse.
Ensuite est venue sa période maternelle "Allez viens, on prend RDV, on fait un bébé" (envisagez cela sous forme d'appels téléphoniques / textos/mails/cartes postales/ pigeons voyageurs/ panneaux lumineux dans toutes les municipalités voisines), les yeux pétillants d'espoir, les ovaires frétillants et le sourire en bandoulière. Mignon.
Il y a eu la période couvade. "T'as pas une course à faire amour ? J'aimerais me retrouver seule avec les enfants." Ah bon... ben j'vais aller à la Fnuc me chercher un bouquin sur la place du père alors.
La période "jeux de société" était tout aussi chiante. Après 2765 parties de Trivial Pourcuite j'ai finalement posé les armes. Elle a eu pitié. On a rallumé la télé.
Maintenant et depuis quelques mois, elle est entrée en période de mutation. Elle se transforme en infirmière. Elle cause santé, trou de la sécu. Elle revoit ses tables de multiplications et elle lit des livres auxquels elle seule trouve un intérêt. Elle met ses lunettes qui lui font un si jolie frimousse et de sa moue boudeuse, elle s'approprie chaque mot, chaque fait, chaque statistique. Et quand elle se glisse tout contre moi le soir, elle me sussure à l'oreille les causes du cancer de la prostate et du cor surinfecté.
Je l'aime !
Je l'aime...
... mais qu'est-ce que j'ai hâte qu'elle passe à sa période "danseuse du Crazy"...!
13 février 2007
Ground Zero est...
... le nom de mon blog personnel.
Allez jeter un oeil, ça fera peut-être avancer le shmilblick.
Kip.
http://groundzero.canalblog.com/
08 février 2007
L'homophobie se porte bien, merci !
Nouvelle note dans la rubrique "ça déprime une vie de prof".
Aujourd'hui, alors que je soumettais à certains de mes élèves mon grand questionnaire sur les préjugés racistes/sexistes et/ou homophobes, quelques réactions, à chaud :
"Moi j'te jure, si j'avais un gamin homo, j'avorte." ... en déduire donc que l'orientation sexuelle se dédecte dès la première échographie...
Moi, naïve "Mais pourquoi ? Comment expliquez vous cette homophobie ?"
"Ben on les voit pas, c'est tout. C'est la minorité des minorités."
Moi, faussement naïve "Donc, si on vous livrait demain matin un wagon d'homos dans la cour du lycée, tout le monde se planque, c'est ça ?"
"Ben oui, c'est un peu ça."
"Et alors, pourquoi refuser le homos, pourquoi s'en éloigner comme ça"
"Ben on ne sait jamais, des fois que ce soit contagieux, qu'on le devienne quoi, vous voyez Madame ?"
Et en mon for intérieur : "Ben mes pauvres enfants, si c'était contagieux, il y a bien longtemps que vos parents auraient avorté !!!"
02 février 2007
Le monde comme il va... mal
En ce moment au lycée, je participe au "european poll". Un grand mot pour dire que je fais une enquète sur les bruits de couloir et les avis de mes élèves, conjointement avec un lycée espagnol et un lycée portugais, pour m'informer de l'état des préjugés homophobes, sexistes et / ou racistes... et peut-être même que si je tends bien l'oreille je devrais être capable d'entendre un savoureux mélange des trois à la fois !
Alors pour faire court :
- ce matin en salle des profs alors que nous devisions entre collègues des difficultés d'entente avec la belle famille. A la question "Et toi ton mari s'interpose en cas de dérapage de ses parents ?", je réponds, à la dérobade, "ben moi je vis avec une femme et autant dire que les ingérences des uns et des autres dans notre vie privée peuvent parfois être difficiles et il est très important pour nous de bien vite remettre chacun à sa place." La conversation suit son cours, normalement jusqu'à ce qu'elle revienne à la charge: " tu m'as dit QUOI ???? tu vis avec QUI ???"... ça, ça va faire bien dans mon enquète !
- cet après midi, alors que je fais entrer dans ma salle une horde de 36 bourrus connus pour leur sens aigu du civisme. Un jeune garçon "Hey toi, sal***, ça fait trop longtemps que tu me chauffes. Viens là que je t'enc***", et la jeune fille de répondre "Ta race de ta mère la grosse p*** ! Viens, viens, je baisse mon pantalon et tu m'enc****"... ahhhh, voilà qui va faire très bien dans mon enquète.
- même classe, quelques minutes plus tard "Simon, pouvez-vous aller me faire faire quelques photocopies en salle de profs ? Six au total, je vous donne mon code, merci Simon." J'avais rompu tout dialogue avec la classe suite au petit intermède de langage fleuri du début d'heure et il me fallait donc de quoi les mettre au travail d'urgence et dans le silence, j'avais appris assez de gros mots pour la journée. Simon s'en va donc... il tarde à revenir pendant que j'entretiens un silence pesant sur mes élèves. On frappe à la porte : c'est l'intendant, en sueur, et mon Simon gesticulant : "Wow, vas y laches moi batard !"... "Euh, je peux vous voir une minute ? C'est votre élève ? J'étais occupé à faire des photocopies, je lui ai demandé de patienter, il m'a traité de pédé."... Super ! Ex-cel-lent pour mon enquète !
EPILOGUE :
Ce soir, alors que je quittais le lycée, je croise un de mes élèves que j'avais exclu de cours.
- "Wesh, mâdâme, vous allez m'faire un rapport ?"
- "Euh, vous plaisantez j'espère ? Bien sûr que je vous fais un rapport, vous allez prendre l'air pendant trois jours."
- " Non mais z"y vas... c'est trop abusé.. elle m'a trop chauffé."
- "Chauffé ou pas, on ne parle pas comme ça et encore moins dans un lycée. Vous imaginez ces mots là dans ma bouche, vous en penseriez quoi ?"
- "Nan mais c'est pas possible Mâdâme, vous z'avez pas l'droit de nous parler comme ça."


