30 mai 2007
Képi et clair de lune
Lorsqu’on sonna à la porte, j’étais dans un état semi comateux entre une histoire d’amour lesbienne (mon livre touche à sa fin) et les pleurs de Thelma qui s’était coincée les pieds entre les barreaux de son lit.
Lorsqu’on sonna à la porte, je me suis précipitée, nue, à la fenêtre de la salle de bain en maugréant quelques gros mots en pensant aux petits plaisantins qui avaient dû sévir.
Lorsqu’on sonna à la porte, je n’avais pas encore dormi profondément et il était environ 2 heures du matin.
- C’est la Police Madame, elle est à vous la vieille Meule grise ?
- Heu oui monsieur … ? …
- Pouvez-vous descendre s’il vous plait ?
J’enfile à la hâte un caleçon d’homme qui me sert de pyjama, un pull polaire et mes tongs. J’ouvre la porte et sort sur le trottoir, les cheveux façon out of bed, et pour cause.
Je suis entourée de 4 beaux jeunes hommes en tenues sombres, leurs brassards brillants serrant leurs biceps et me posant des questions.
Si j’avais été hétérotte, j’aurais planté mon mari dans son lit et je me serais noyée dans les yeux verts du garçon qui me parlait de vol par effraction d’une série de véhicules dans ma rue, y compris la mienne.
Mais je ne suis pas hétérotte, je n’ai pas de mari à planter et j’ai un look à faire mourir de rire.
J’ai évidemment un peu froid et je réponds de façon surréaliste face à cette situation surréaliste.
Les hommes sont courtois et souriants et me demande de déposer plainte.
- Heu… tout de suite là ?
- Oui, ça serait mieux madame.
- Bon ben, je vais m’habiller et j’arrive…
- Heu oui, ça serait mieux également. Sourire en coin.
- …
Voilà comment je me retrouve à 2h30 du matin au commissariat pour déposer plainte, pour un vol qui n’a finalement pas eu lieu, dérangé par la police, et sans effraction qui plus est, puisque j’avais oublié de verrouiller ma portière. Ma voiture a simplement été fouillée.
Voilà comment je me retrouve à 2h30 du matin au commissariat à discuter avec le brigadier de PACS (puisque lui aussi est pacsé) de jumeaux (il a un 2 bébés qui vont sur leur 1 an) et de monospace Cyclamen (puisque faut bien caser tout le matos !)
On ne s’ennuie jamais chez nous, un rien nous amuse…
25 mai 2007
La vie secrète des jeunes
De Riad Sattouf.
24 mai 2007
Retour sur une soirée d'anniversaire
Il y a un an, jour pour jour, presque heure pour heure, c'était mon anniversaire.
Et pour mon anniversaire, j'avais été d'oral de bac toute la journée, à voir défiler des candidats plus ou moins inspirés, plus ou moins polis tandis que son ventre à elle n'en finissait pas d'être lourd et douloureux et de me supplier de lui revenir un peu.
Ce soir là, seule avec mon Elton, j'avais été invitée à rompre un peu ma solitude de futur papa maman pour aller me changer les idées dans un... concert, enfin je crois.
Je suis rentrée, tard, très tard. J'ai appelé Kip, une dernière fois avant d'aller trouver un peu de repos. Un de ces appels qui rythmaient ma vie à cette époque là. J'avais detesté cette journée d'anniversaire.
Et puis... et puis quelques heures plus tard, à peine le temps d'un rêve, le téléphone que je tenais encore dans le creux de ma main a sonné. C'était elle(s). Et puis... et puis une toute petite voix, douce et attentionnée, suave et délicate m'a glissé ces quelques mots dans le creux de l'oreille "Je crois bien qu'elles arrivent. J'ai besoin de toi. On va être mamans. Je t'aime."
J'ai sauté dans mon jean's, j'ai confié mon Elton aux bons soins de ma mère (pour qui j'avais moi aussi, en mon temps, été le plus doux des cadeaux d'anniversaire) et je suis partie, dans la nuit, retrouver mon amour et son bidon transi.
Quelques heures, quelques douleurs, quelques pleurs, quelques peurs et elles sont apparues. En moins de deux minutes, elles ont teinté de rose mon anniversaire.
Aux premières loges de leur arrivée au monde, j'ai pu les prendre dans le creux de mes mains et savourer enfin la douceur de ces petits corps. Et toute la journée enfin, le téléphone au creux de ma main, j'ai sussuré aux oreilles des miens leurs petits noms qui leur vont si bien et j'ai pleuré, pleuré sans retenue (sur le nombre de mes années !) et sur leur arrivée.
23 mai 2007
A bout de souffle
On souffle, on souffle, avec ou sans les postillons selon qu'Elton nous assiste ou pas.
Et 34 bougies par ci, et 57 par là...!
Kip se désole de me savoir déjà si vieille ("Non mais c'est vrai quoi, tu n'as jamais été aussi près de la quarantaine, ma pauvre." Je ne sais pas si je dois m'en inquiéter...). Ma mère se cache derrière sa forêt de bougies tandis que là, tout prêts pour demain, deux petits gâteaux ornés chacun d'une unique bougie attendent deux petites fées déjà endormies.
Mes rides sont bien là (j'ai dû rester trop près des bougies !), et mes petiites fleurs auront un an déjà !
17 mai 2007
Pas facile d'être homo au boulot
Quarante pour cent des personnes homosexuelles déclarent avoir été victimes d'actes ou de propos homophobes, selon une étude commandée par la Halde sur l'homophobie au travail à paraître prochainement.
20 Minutes. Nicolas Asfouri AFP/Archives.
http://www.20minutes.fr/article/158594/20070517-France-Pas-facile-d-etre-homo-au-boulot.php
16 mai 2007
Posté
Mon courrier a été posté hier après-midi, par la Poste traditionnelle ainsi que par le Net.
Si vous voulez en faire autant : http://www.elysee.fr/ecrire/index.html
Unissons-nous ! Il le dit lui-même : "Ensemble, tout est possible" !!
15 mai 2007
Mots d'enfant

Elton dans le jardin :
- oh écoute ! j'entends quelqu'un qui plouse ! (qui tond la pelouse)
Elton dans le métro, face à un homme qui lit son journal :
- Eh ben dit donc, il lit une grande histoire le monsieur !
Elton sur les Champs-Elysées :
- Oh c'est beau, on dirait Venise !
[ moi : ...???...]
12 mai 2007
Le prestige de l'uniforme...
... même quand on a un an seulement !
11 mai 2007
Pétition
à signer et faire circuler !
http://www.PetitionOnline.com/cglparis/
Merci à Spooth
09 mai 2007
Une goutte d'eau dans la mer
Monsieur le Président de la République,
Je ne vous écris pas aujourd’hui pour revendiquer haut et fort des droits ou une reconnaissance, ni pour crier à l’injustice ou à la discrimination, non, mais plutôt pour vous parler, simplement, de ma famille.
Une famille, certainement atypique à vos yeux mais si banale dans la vie, composée de deux femmes et de trois enfants.
Ma compagne et moi nous sommes rencontrées sur le Pont des Arts à Paris, un chaud dimanche d’été, il y a 6 ans.
De cette rencontre et de cet amour sont nés nos enfants : un petit garçon de 3 ans et deux petites filles de 11 mois.
Ma famille est belle et pleine d’amour, tolérante et ouverte, digne et respectueuse.
Il lui manque simplement d’être protégée comme il se doit contre le destin et les aléas de la vie.
Je ne souhaite pas m’adresser uniquement à l’homme politique que vous êtes, je souhaite avant tout m’adresser à un papa qui, je suis sûre, me comprendra, comme moi je comprends parfaitement votre point de vue.
Ma compagne a porté notre fils, puis 2 ans après, j’ai moi-même porté nos filles. Nos enfants ont un lien biologique puisque nous avons eu recours au même donneur.
Nos enfants sont la chair de nos chairs, le fruit d’une passion et notre famille est la plus belle chose qui nous soit arrivée à nous et nos proches.
Que se passe t-il si l’une de nous 2 décède ?
Je sais que parfois la vie peut être difficile et injuste et que nos enfants, en particulier, peuvent en souffrir. Mais j’ai confiance en elle, elle est riche, tumultueuse, imprévue, surprenante, abondante et mérite d’être vécue.
Je suis fière de pouvoir offrir toutes ces merveilles à mes enfants et ce bonheur peut être consolidé et sécurisé par vous.
Vous savez comme moi que nos familles ne pourront plus être niées éternellement comme elles le sont actuellement, alors pourquoi attendre ?
Vous pourriez être cette personne qui offre aux familles atypiques une reconnaissance mais surtout une fortification, une sécurité, un pouvoir de se défendre contre ce destin parfois cruel. Je suis certaine que dans 20 ans vous seriez fier d’être à l’origine de cette avancée qui mérite bien d’être enfin réalisée.
Pourquoi attendre ?
Je vous sais courageux et téméraire, jeune et plein de renouveaux, je vous sais capable de mettre un coup de pied dans la fourmilière, pourquoi pas dans celle des préjugés ?
Nous sommes des parents comblées et heureuses, entourées et respectées, mais il manque juste une chose pour que nos enfants grandissent sereinement : le droit d’être des enfants comme les autres, reconnus et protégés, comme il se doit, puisqu’ils existent.
Cette lettre sera envoyée le 16 mai prochain à Monsieur Nicolas Sarkozy, parce que j'y crois encore...







