Blog-note à 20 doigts

Chroniques d'une famille homoparentale

31 octobre 2007

Les dictateurs aux dents de lait

En fait non, mon titre est erroné, la dictature ça commence dès les premières nuits, quand, d'un hurlement, il fait de vous un bon soldat qui se lève au beau milieu de la nuit pour préparer un biberon et changer quelques déjections. Au début on prend sa tâche très au sérieux et on s'exécute avec bienveillance et tendresse.
Ca y est alors, le charme a opéré, la culpabilité s'est installée, les rôles sont distribués. Vous serez la fourmi ouvrière, il sera votre roi/reine.
Le matin, ils décident de l'heure à laquelle on se lève (toujours trop tôt évidemment) et ils décrètent qu'il sera désormais interdit de faire la grasse matinée.
Leurs cris de plus en plus assourdissants me dictent l'heure des repas.
Leur agitation croissante me montre très clairement la direction du parc, que j'en ai envie ou non.
L'excitation ambiante et le niveau sonore proche de la torture m'indiquent qu'il est l'heure de la sieste.
Quatre repas à équilibrer chaque jour. Quatre heures passées à table sont la norme.
L'impossibilité chronique d'avoir une conversation normale entre adultes à table devient un incontournable du cahier des charges.
imagesEt je me prends alors à rêver à la superbe baby sitter blonde et charnue qui viendra me délivrer de ces vacances infernales. Celle qui arrivée dans son tee shirt moulant orné des initiales SB (super blonde/super baby sitter/super bonne) viendra m'arracher (avec les agraffes de son soutien gorge) mon tablier de mère en vacances. La même qui d'un coup de (batte de base ball ?? non... quand même pas... quoi que...) baguette magique leur fera comprendre que maman est bien brave de s'occuper d'eux comme ça, qu'elle pourrait très bien les laisser chaque matin à la garderie (en plus c'est pas cher du tout) pour aller se marrer avec ses copines plutôt que de torcher des petites fesses et moucher plein de vilains nez. Hein ? Pas vrai les enfants ? Va falloir se calmer un peu là quand même.
Bref, je suis fatiguée et prête à embaucher un baby sitter (blonde de préférence).

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18 octobre 2007

Journée de mer...credi !

Ah comme j'aime les mercredis quand je me retrouve seule pour ma seule vraie journée de congé de la semaine... avec les 3 enfants.
J'adore quand ses petites mains viennent se poser sur mon visage en me disant "Tu sais Maman, j'ai bien dormi.". Je pose un oeil sur le réveil, il est 6h45.
J'adore aller chercher mes petites princesses dans leurs tout petits lits, quand elles se retournent pour m'offrir leur plus joli sourire et me montrer le kilo de morve qui leur colle au bout du nez.
Quel plaisir d'attendre mon père qui doit venir chercher Elton pour son cours de gymnastique et qui m'appelle, tout essoufflé, pour me dire que non, finalement, il est retenu par son patron et qu'il ne pourra pas.
Alors avec un grand sourire, je charge tous les enfants dans la voiture, sans oublier manteaux, écharpes et chaussons de gymnastique "Maman, t'as encore oublié ma bouteille d'eau, j'ai soif quand je fais du sport", direction le gymnase où je retrouve mon père, tout fier d'avoir finalement pu se libérer (presque) à temps.
Et puis bien sûr, le soir venu, quand je me sens vraiment épanouie d'avoir passé cette magnifique journée entre deux jolies malades et un gymnaste très, très en forme, je vois revenir ma tendre moitié, stressée par son concours blanc, pressée de se jeter sur ses révisions, terrée dans une concentration muette tandis que de guerre lasse, je finis ma soirée avec 3 dizaines de copies pour être solidaire de cette soirée studieuse.
Et dans mes pensées les plus sombres, je me prends à envier les mères indignes...!

Posté par molly_et_kip à 11:28 - Humeur du jour - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 octobre 2007

190 pages d'humanité

images

Je suis dans ma période lecture. Je cherche, je fouine et je débusque du bon, du moins bon et de l'excellent.
Dans la rubrique excellent, je m'empresse d'aller classer "Un secret" de Philippe Grimbert.
Un subtil mélange d'Histoire, d'amour, de petites étoiles innocentes sacrifiées sur l'autel de la haine gratuite.
Et un secret de famille aussi fort que l'amour qui l'a causé.
Rarement un livre m'avait autant boulversée.

Posté par molly_et_kip à 10:14 - Humeur du jour - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 octobre 2007

Le kleenex ou la corde ?

Ce soir alors que je revenais en salle des profs après une journée bien remplie, j'ai dû tendre une oreille attentive et une épaule secourable à ma collègue de lettres qui sortait d'un cours avec nos élèves de seconde.
Voici la cause de son désespoir :
"Sortez tous votre texte - La Chevelure de Charles Baudelaire"

O toison, moutonnant jusque sur l'encolure!
O boucles! O parfum chargé de nonchaloir!
Extase! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir!

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique!
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève!
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts:

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé!

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps! toujours! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde!
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir?

Elle est suffoquée par la beauté du texte.
Lui, l'élève lambda, lève le doigt au fond de la salle :

- heu Madame, ça existait déjà l'Oasis du temps de Baudelaire ?

Posté par molly_et_kip à 22:05 - Une vie de prof - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 octobre 2007

Métro / boulot / microbes et temps qui passe

La rentrée n'est déjà plus qu'un lointain souvenir. Mon joli teint halé aussi.
Les microbes sont passés par là.
Trois petits corps bien mal en point qui se blottissent tout contre moi pour trouver du réconfort. Trois petits nez bien chargés qui viennent faire penser qu'un troupeau d'escargots a fait l'exode sur mon tee shirt noir. Trois petits estomacs retournés qui viennent se déverser sur mes Converse.
Bref, le médecin ne connait plus que nous et ma machine à laver n'en finit plus de digérer tout mon linge souillé.

La rentrée est passée et Kip s'est métarmorphosée en une étudiante très zèlée. Chaque soir après les cours, elle s'installe sur notre table de salle à manger et feuillette, relit, synthétise, se documente. Et moi pendant ce temps là, je vis dans une cathédrale de silence et de solitude. Forcée au mutisme pour ne pas troubler cette concentration. Contrainte à une danse sur la pointe des pieds pour ne pas faire craquer les lames du parquet. J'ai eu pour récompense ce soir de la voir pour la première fois dans son joli costume d'infirmière, mais attention ! Pas question de toucher parce que "tu sais, les bactéries peuvent vivre dix ans en dehors du corps". Ouais, ouais, ouais...

84VMV1CALOX3ZECA589Y29CAM3CADKCAFEI8WECADX5JQWCAHIY137CA0LNMM6CA2DAAAQCAQ2W8K1CA47GBPUCAS0RRKQCAQMPR0VCAHJKAXLCASX106XCAYD88HKCALQPB8LCAOVHBIACA2QEFE7CAK0P1XXIl y a deux ans tout pile, ma future infirmière avait quelques nausées dont nous ne connaissions pas encore la cause. Il y a deux ans, nous avions passé l'après midi au Jardin d'acclimatation avec un Elton encore enfant unique, encore sous le regard incrédule de ses deux mamans follement amoureuses. Ce matin, j'ai vu mon grand garçon partir à l'école, beau comme un coeur dans son petit manteau de marin, sa petite chevelure blonde au vent. Si petit mais déjà si grand. Et quand il a disparu au coin de la rue, quand je l'ai vu marcher seul vers sa journée, j'en ai eu le coeur tout serré.
Le temps passe, c'est sûr. Tiens, ma prof de banjo par exemple, ue vieille copine. Je l'ai connue il y a plus de vingt ans. Sportive, coquette, fluette. Je l'ai retrouvée la semaine dernière dans un parc à Paris. Quinca, bouffie, ménoposée, obèse.
Et elle a dû déposer quelques uns de ses kilos de vieillesse sur ma frèle carcasse parce que notre rencontre m'a laissé comme un poids sur la consience. Y'a pas de doute, le temps passe. Et il laisse des traces.

Posté par molly_et_kip à 22:45 - Humeur du jour - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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