30 octobre 2008
Et si un jour Elton…
(Petit retour en arrière sur nos interrogations de mamans - post de 2005)
… était homo ?
Evidemment on s’est posé la question.
Evidemment on s’est dit bêtement « du moment qu’il est heureux… »
Mais aussi on a réfléchi.
Et s’il était homo, en souffririons nous ?
Oui.
Tout simplement parce que pour un garçon, l’accès à la paternité s’en trouve immédiatement plus compliqué. Et puis parce que, il faut se l’avouer, le lesbianisme est mieux toléré que l’homosexualité masculine.
Et s’il était homo, l’accepterions nous ?
Oui.
Faut dire qu’on serait très mal placées pour le contraire !
(à ce sujet, mes parents qui se sont mariés 50 jours seulement après s’être rencontrés nous avaient toujours dit qu’ils ne seraient pas en mesure de s’opposer si nous faisions la même chose. Ils ont respecté leurs engagements. Je suis homo, et ils n’ont jamais rien trouvé à y redire.)
Et s’il se découvrait homo, se confierait-il à nous ?
Je crois que la grande question se situe là.
Notre famille particulière serait-elle un lieu de tolérance où toutes les envies, toutes les initiatives seraient permises ou au contraire aurait-il peur d’être celui qui nous ferait tous sombrer dans la caricature qui voudrait que « les parents homos influencent gravement l’orientation sexuelle de leurs enfants » ?
Et si Elton était homo, aurait-il un parcours de souffrances et de peines ou un chemin en douceur vers la maturité, à l’image de ses deux mamans ?
Parce que finalement, tout comme il y a mille façon d’être hétéro (modèle beauf, raffiné, fidèle, volage, famille nombreuse…), il y a mille façon d’être homo (homo assumé, refoulé, fêtard, en souffrance, pantouflard avec caniche, folle, paternel…)
Et si Elton était homo ? On se sentirait responsables, inévitablement. Parce que pour un homo-parent, toutes les raisons sont bonnes pour se remettre en question.
Mais là encore, mes parents, modèle hétéro de base, biens sous tous rapport, se sont trouvés infiniment responsables de mon homosexualité…
Mais, et si Elton était heureux, homo ou hétéro, tout simplement ? Est-ce qu’on s’en sentirait coupables ? Faudrait-t-il que l’on s’excuse d’avoir réussi à avoir des enfants heureux malgré toutes les infamies supposées que nous leur aurions fait enduré ? Non.
Le grand challenge des homos parents, c’est de faire grandir des enfants « comme les autres ».
Cette pression là, on se la met seul, comme pour prouver que oui, on est différents, mais néanmoins compétents.
Et lorsque l’on aura fini de se flageller de la sorte, eh bien, on fera comme tout le monde : on aura des enfants qui regardent trop la télé, qui se moquent des mémés qui ont du poil au menton, qui boivent des bières devant un match de foot, qui virent homos ou hétéros (au choix) et on en tirera les mêmes conclusions que tous les autres parents de la terre, ni plus, ni moins.
P.S. pour Elton : quand même Elton, si tu pouvais devenir un éminent médecin violoniste qui donne de son temps en musico thérapie pour les victimes des séismes d’ici et d’ailleurs, tu ferais vachement plaisir à tes mamans ! Merci d’avance !
Commentaires
Je ne vois pas pourquoi on devrait se poser au temps de questions puisque de toute façon les sentiments ca ne se control pas. On a beau se dire non, non y faut pas c’est pas bien, ce n’est pas écrit dans la bible et tout le tralala qui va avec. Quand celle ou celui qui se trouve devant vous, vous rends toute chose et ben… et ben voilà on ne se pose plus la question, cela deviens comme une évidence.
Je n'aimerai pas que mon enfant soit homo tout simplement pour cette idée idiote qui dit qu'un enfant né de parents homos le sera forcément à son tour.
Mais si mon enfant est homo ben...voyant comme ses mamans sont heureuses d'être ensemble, je lui souhaiterai la même chose avec son compagnon.
Si ma fille m'apprend qu'elle est homo, je crois que je serai un peu triste. Pas à cause de ce que la société pourrait penser de moi (je n'ai pas besoin d'eux pour trouver que je ne suis pas la meilleure des mères), mais parce que cela voudra dire que pour elle, les choses seront plus compliquées que pour les autres, notamment en ce qui concerne la parentalité...
Après, si la personne qu'elle aime est aimante, responsable et gentille, que puis-je lui souhaiter d'autre que d'être infiniment heureuse?
juste un peu de soi
je crois que ce qu'on transmets à nos mômes c'est un bout de ce que nous sommes. en tant qu'homo parent, je lui transmet un peu de ça, mais de là à influencer sa sexualité...
j'essaye le plus simplement du monde de lui transmettre juste un peu de mes yeux ouverts, juste un peu de mon coeur ouvert, juste un peu d'écoute de soi, de bienveillance à l'égard de l'autre, de respect et de partage, et tout ça, c'est déjà tellement énorme!
très joli post..
dites vous bien que s'il a besoin de se confier, peut être viendra-t-il vers son tonton virtuel Aliababua... hihihi
Euh... comment dire ? Allez je vais encore foutre les pieds dans le plat, mais sans méchanceté aucune, hein !
Quand je lis la chose suivante, qui plus est en début de note, comme première remarque, avant la question de la souffrance qu'il pourrait ressentir, ou celle de votre "responsabilité" : "Et s’il était homo, en souffririons nous ?
Oui.
Tout simplement parce que pour un garçon, l’accès à la paternité s’en trouve immédiatement plus compliqué. Et puis parce que, il faut se l’avouer, le lesbianisme est mieux toléré que l’homosexualité masculine."
Je m'interroge...
Le bonheur ne se mesure-t-il qu'à l'aune de la parentalité ?
Voire plus loin : le bonheur ne se mesure-t-il qu'à l'aune de la grandparentalité ??
Taomin,
Je connais déjà bien ton avis sur la parentalité homo et je respecte ton point de vue et ton expérience.
Tu as d'ailleurs raison : il n'est en aucun cas question de limiter la notion de bonheur à celle de la parentalité. Avec nos trois enfants, nous sommes bien placées pour reconnaître que notre bonheur à deux était bien différent de celui que nous vivons aujourd'hui à cinq mais qu'il n'était pas moindre loin de là. Juste différent.
Mais il faut quand même reconnaître que l'homosexualité est souvent percue par l'entourage comme une honte (quand on a pas de chance) ou comme le deuil de la parentalité (quand on a un entourage un peu plus compréhensif). Je crois que c'est une expérience commune à beaucoup d'homos et donc, en tant qu'homo, oui, je l'avoue, je souffirais de savoir mon fils en souffrance de ce point de vue là. Peut-être qu'il n'aura aucune envie d'enfants (grand bien lui fasse !) mais je ne voudrais pas non plus qu'il se sente coupable (de manière consciente ou pas) de ne pas faire de nous des grands mères (même si en l'état actuel des choses, les mioches, on en a soupé !).
Tu en penses ce que tu veux mais je crois vraiment que le problème de l'accès à la parentalité demeure un problème qui se pose pour chaque homo et / ou pour son entourage. Il n'y a donc aucune raison qu'il ne se pose pas à nous aussi sous le prétexte que pour nous, la parentalité n'est qu'une option.
Pour moi je pense que l'essentiel est qu'il soit heureux. Alors homo ou hétéro n'est pas un problème.
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