…ou plutôt, quand les aïeux d’Australie s’en vont rejoindre la Croix du Sud, celle qui m’avait tant émerveillée lors de mon séjour dans les environs de Brisbane.

Adieu Geerd, mon cher pépé d’Australie avec sa barbe en collier qui pouvait mentir sans vergogne, pour le plus grand plaisir de tous, au point d’affirmer que les soirs de nouvelle lune étaient le fait des soviets qui avaient trouvé là un moyen de faire frémir les américains !

Adieu Marcelle, ma vieille élégante, les cheveux retenus par un carré de soie bigarrée au volant de sa Caravelle. Elle qui avait flirté avec les grands épisodes de la dernière guerre à laquelle elle avait laissé son plus grand amour et sa petite fille de deux ans.

Bon vent mes lapidaires, mes chasseurs de trésors, mes amoureux d’opales, mes conteurs d’histoires et témoins de l’Histoire.

Je vous ai parfois trouvés vieux cons avec toutes vos histoires du passé. Je regrette.

Je vous ai admirés aussi, tels d’élégants Gatsby venus d’ailleurs qui faisaient renaître le glamour d’antan.

J’entendrai longtemps encore les vieux accords de piano désaccordé que nous jouait Geerd dans sa maison perdue de la forêt tropicale du Queensland.

Et pour longtemps encore je penserai à cet amour fou, celui de Marcelle pour un arrière grand père que je n’ai jamais connu mais qu’elle a su faire vivre en chacun de nous, humain, beau, héroïque, éternellement jeune et vivant.

Je suis fière et émue de vous avoir croisés.

Bon vent.

Je reviendrai voir la Croix du Sud.

Promis.  

(note de 2004 - parce qu'ils méritent bien que l'on se souvienne d'eux...)