19 avril 2008
Blog en vacances !
Retour le 05 mai
12 avril 2008
Mots d'enfant...
- « Tu sais Maman-Kip que Grand-Père a mis une vache* sur son toit ?? »
- « Oui Maman-Kip, je laisserai la vie** à Louise… »
- " Maman-Kip, tu vois mon camion là, dessous, il est où le joint de culasse ?? "
- Dans la douche : " Maman-Molly ! Thelma n'arrête pas de tricoter*** avec mon zizi !!
* Bâche.
** Laisser vivre sa vie, la laisser tranquille.
*** tripoter à
07 avril 2008
Il y a 2 ans, presque jour pour jour, j'étais alitée en clinique pour des raisons de menace d'accouchement prématuré. J’y ai passé 7 semaines d’attente, ponctuées de monitoring, de repas (in)hospitaliers, d’angoisse et d’inquiétude, de visites familiales-médicales-amicales, de longues journées et de courtes nuits avec un ventre rond et grandissant, peut-être même à vu d’œil. J’étais seule mais pas tant que ça. 2 petites habitantes au profil tout rond avaient trouvé refuge au creux de mon corps arrondi et douloureux, une cachée derrière mes côtes et l’autre cocoonée sur ma vessie. J’attendais impatiente de faire connaissance avec elles, elles qui allaient changer ma vie, une fois de plus, après l’aîné.
J’allais découvrir un sentiment nouveau, solide, prenant, remplissant tout le corps, grandissant chaque jour, un de ces trucs qui vous prend aux tripes, innommable, incomparable, inconditionnel.
Aujourd’hui, je repense à ces moments d’attente, interdite et naïve. Toujours un peu nostalgique et avec un brin de culpabilité que cela ne se soit pas passé comme je l’espérais. La séparation. L’hospitalisation.
Aujourd’hui, je fête cet anniversaire particulier de l’alitement. Période courte et longue à la fois. Période charnière, comme un pont entre mes 2 vies.
Aujourd’hui, mes poupées grandissent et deviennent de petits êtres (presque) autonomes.
Jugez par vous-même :
04 avril 2008
Grandeur et déca-danse

A quoi se résume une journée en sortie scolaire sur les traces des poilus de la grande guerre ?
Je vous le demande...
A un grand couillon à crète et en survêt' avec le slip fluo qui en dépasse qui danse la tecktonik au beau milieu d'un cimetière où reposent 17000 soldats tombés au combat...
31 mars 2008
Girly love
Comme chaque année, le printemps pointant le bout de ses bourgeons, je suis confrontée au même phénomène : des petits couples lesbiens se forment et s'affichent pendant mes cours. Gentiment, je vous rassure. Rien de plus outrancier que quelques petits effleurements d'un sein contre une homoplate, comme ça, furtivement, en s'installant. Et puis aussi, à la sortie des cours, un départ ostensiblement enlacées serrées.
Je ne sais jamais trop quoi en penser : est-ce que je dégage un petit quelque chose qui les met à l'aise ? Est-ce une incitation à me faire réagir, parler, parler de moi peut-être ? Toujours est-il que j'en suis à chaque fois étonnée et ravie. Etonnée parce que je n'aurais jamais osé faire la même chose à leur âge. Ravie pour les mêmes raisons mais aussi frustrée de devoir rester dans mon rôle de prof assexuée sans jamais pouvoir être la fière représentante de l'homoparentalité que je suis en dehors de mon travail, sans jamais pouvoir leur dire que je suis fière de leur courage et être de ces profs à l'américaine qui font des coming out au nom de leur communauté et de la liberté individuelle.
Arf...! que ce système auquel je participe est arriéré sur certains points... et moi aussi d'ailleurs !
25 mars 2008
Il était une fois… Elton (épisode 4 - Happy Birthday Elton !)
Quinze jours ont passé.
Je m’asseois sur un brin d’herbe, sous un chêne centenaire qui pourra supporter le poids de tout mon désespoir si jamais… si jamais ça n’avait pas marché, si jamais il fallait tout recommencer, si jamais mon ventre n’avait pas été très hospitalier.
Je suis là, seule, à deux pas du laboratoire d’analyses médicales, et je n’ose pas me lancer à l’assaut de ce rendez vous que j’attends depuis 15 jours, depuis des mois, depuis toujours.
Et là j’ouvre la précieuse enveloppe. Maman ou pas maman ? Nausées ou pas nausées ?
La réponse tombe : « 1234 »
Gloups ! 1234 quoi ?
Le brin d’herbe qui abritait mon joli postérieur semble crouler sous mon poids. Je ne sais plus où je suis, le chêne centenaire qui doit bien avoir 1234 ans me semble tout d’un coup bien incompétent.
Je cours au laboratoire :
« 1234 ? Biologiste, please, de toute urgence. »
« Bonjour madame, faîtes moi donc voir vos résultats… 1234… oulala, bien enceinte ! C’est votre mari qui va être content ! »
C’est marrant quand même cette manie de penser que derrière chaque femme enceinte se cache un mari… Pourquoi pas un amant ? Pourquoi pas un professeur de fitness au charme dévastateur ? Pourquoi pas une jolie blonde aussi ? Hein ? Pourquoi pas ? Bref.
Enceinte. Je suis enceinte. C’est drôle mais ça fait tout bizarre de prononcer ces mots là la première fois. Accoler un « je » avec le mot « enceinte », pour une lesbienne, c’est vraiment quelque chose qu’il faut apprendre à faire résonner.
Alors je teste la formule. Je retourne sur mon brin d’herbe, je passe mes mains sur l’écorce du chêne de 1234 ans que j’aime tout d’un coup d’un amour fou et qui verra sans doute passer les premiers pas de nos enfants, dans quelques printemps, et je téléphone à ma Kip.
« Tu es prête à devenir la plus jolie des mamans ? »
« Euh… c'est-à-dire que… oulala… mais… tu veux dire euh… déjà ? Oulala… pfffffffffffffffff, c’est que… j’suis pas prête moi… »
1234 questions plus tard… Elton pointait son joli nez tout rond.
24 mars 2008
Jour de Pâques




20 mars 2008
Il était une fois… Elton (Episode 3 – I love your gamètes !)
Quelques mois de grattage de sourcils plus tard, nous avions trouvé une solution.
Ca donnait à peu près ça :
Belgique.
IAD (insémination avec donneur).
En voiture.
Diesel, ça coûte moins cher.
Dès que possible.
Maman Molly et Maman Kip.
Ni Bob l’Eponge, ni Dora Exploratrice.
Visible, surtout.
Jusqu’au bout.
Et pour le reste, on verra bien plus tard.
Mais bon… plus concrètement, au quotidien, une IAD ça voulait dire :
On laisse tout tomber du jour au lendemain.
On plante boss et élèves pour la journée.
Debout à 5h00.
On appelle d’une station service avant la frontière pour dire « Peux pas venir. Chui balade. »
On a des bras de camé à force de prise de sang.
On fait pipi sur des bandelettes 2 fois par jour.
On stresse à mort.
On serre les fesses pour que les follicules ne se suicident pas avant l’arrivée.
On pense au retour : « jambes en l’air pendant 3 heures ou allongée sur la banquette arrière ? »
On arrive à Bruxelles et on dévisage tous les hommes qui passent.
« Et si c’était lui ? »
« Hummm… craquant, j’suis sûre que c’est lui. »
« Ouille, t’as vu cette bonne tête de pervers ? Je flippe là, pas toi ?»
Et tout ça pour quoi ?
Tout ça pour un RDV qui dure 10 minutes.
Tout ça pour quelques millions de zozos qu’on attendait au moins en costard-cravate et qui se pointent dans une seringue à peine plus grosse qu’une cigarette.
Tout ça pour retenir sa respiration pendant quinze jours dans l’attente d’un résultat.
Tout ça aussi pour ne plus oser aller aux toilettes pendant les 24 heures qui suivent de peur de perdre la précieuse cargaison.
Et tout ça pour rêver aussi.
Rêver à ces gamètes danoises qui naviguent dans mon corps.
Les imaginer blondes avec des casques à cornes, un drakar et d’énormes moustaches voguant vers mes précieux ovules.
Les caresser en surface. Leur parler. Les diriger. Voir Kip observer mon ventre à la lueur des bougies chaque soir au coucher.
Et refaire le monde.
Celui que l’on va se créer. Tout peuplé de jolies frimousses blondes.
18 mars 2008
Il était une fois Elton (épisode 2)
Le projet
Alors voilà, quand on a passé beaucoup de temps sous la couette et qu’on a fait les folles pendant plusieurs mois, voire, plusieurs années, on se dit que peut être ce serait vachement chouette de donner du sens à notre couple.
A ce moment là, dans le monde particulier de l’homoparentalité, on se met en quête d’informations (à défaut de se mettre en quête d’un géniteur). Alors on surfe beaucoup sur Internet sous le regard amusé et tendre de sa moitié (et on arrive à rendre ça romantique !), on se rend aux réunions d’information organisées ici et là et on écoute religieusement la litanie des récits de chacun pour se faire une idée de ce dans quoi on s’engage.
« Moi j’avais pensé que mon voisin serait le géniteur idéal, mais quand je lui ai dit que j’attendais de lui une pension alimentaire sans droit de visite, il a tourné les talons. J’comprends pas.»
« Moi, j’en suis à 24 inséminations infructueuses, j’ai dû vendre à peu près tout ce que je possédais qui avait un peu de valeur pour financer mes voyages à Bruxelles, je n’en peux plus, je jette l’éponge. »
« J’avais un projet de bébé avec ma première cops, mais on a rompu un soir en boîte, alors ensuite, je me suis maquée avec une autre qui ne voulait pas de marmots alors je lui ai dit bye bye, finalement, maintenant que j’ai 40 ans, je me dis que le meilleur moyen serait que je le fasse seule ce bébé. »
« Moi je me suis découvert homo sur la tard alors que j’avais déjà 3 enfants avec ma femme. Depuis mon coming out, elle m’interdit de les voir et ils me rejettent violemment. Je ne sais plus quoi faire. »
« Nous on est deux papas, notre fils arrive en décembre. »
Voilà comment de conviviales en réunions, on a entendu à peu près tout ce qui se fait en matière d’homoparentalité, on a séché les larmes des uns, ri parfois des infortunes cocasses des autres, rêvé aussi, beaucoup, énormément.
On a appris aussi que dans le monde très rationnel, pragmatique et politiquement engagé de l’homoparentalité, un bébé porte le doux nom de « projet ».
Notre « projet » était donc né.
Et à ses trousses, un bon millier de questions qui émanaient, bien entendu, d’un vague sentiment de culpabilité à l’idée de mettre au monde par IAD avec stim un projet dépourvu de référent masculin (ben oui, c’est qu’à force de fréquenter le gotha de l’homoparentalité, on avait fini par attraper pas mal de tics de langage !)
On va l’appeler comment ?
Et si jamais je ne me sentais pas engagée dans sa vie puisque je ne l’ai pas porté ?
Et si jamais il nous reprochait à tout jamais l’absence d’un père ?
Et si ses copains d’école étaient méchants avec lui à cause de nous ?
Comment on va faire le jour de l’accouchement ?
Comment vont réagir les médecins ?
Et si ça ne marchait pas, on irait jusqu’où ?
On se fixe quelles limites ?
On lui racontera quoi ?
Tu voudrais qu’il te ressemble ?
Tu crois qu’il aimera les tripes à la mode de Caen ?
Quels référents masculins a-t-on à lui offrir ?
Seront-ils fiables ?
Tu préfères les Huggies ou les Pampers ?
Végétarien ou macrobiote ?
Ecole privée ou école publique ?
Papie et Mamie ou Pépé et Mémé ?
Maman et Maman ou Maman et Mamour ?
Mentir ou être visible ?
Petits pots ou purée fraîche ?
Bob l’Eponge ou Dora Exploratrice ?
Parent isolé ou foyer fiscal ?
Doudou pas doudou ?
Pfff… finalement, on découvrait que c’est vachement fatigant d’avoir un « projet ».
A toutes ces questions que nous trouvions incontournables, on nous répondait invariablement : « Ouh les filles… vous vous posez bien trop de questions ! Qu’est-ce que vous vous prenez la tête. Ton père et moi on s’est rencontrés, une semaine après on vivait ensemble, 50 jours après on était mariés et 9 mois plus tard tu étais née. On avait 22 ans, je t’assure qu’on ne s’est pas posé autant de questions et pourtant, bon, t’es lesbienne mais t’es quand même quelqu’un de bien. Alors ? »
16 mars 2008
Retour en arrière
(Parce qu'il aura quatre ans dans quelques jours, petit retour sur le début de son histoire.)
Il était une fois… Elton (épisode 1)
Un jour de juillet, il y a presque sept ans.
Un carré de pelouse quelque part dans Paris.
Un chemisier orange et un chemisier sable vautrés dans la pelouse.
La chemise orange c’est moi, la chemise sable c’est elle. Chabadabada, chabadabada…
Nous nous voyions pour la première fois, et c’est là, sur cette pelouse bondée, par un dimanche ensoileillé que nous avions décidé de passer nos premiers moments ensemble à parler de tout et de rien, à refaire le monde et à regarder les jeunes parents promener leur progéniture que nous trouvions adorable dans les parcs et jardins parisiens.
Evidemment, à l’époque, on trouvait ça génial. Un plaisir parental dont nous nous sentions exclues pour toujours et ces marmots aux couches puantes nous donnaient des envies folles.
Déjà.
Nous nous connaissions depuis deux heures.
Le mythe lesbien qui veut qu’on emménage l’une chez l’autre au bout d’une semaine existe bel et bien ! Je l’ai testé !
Bref, si on devait remettre le disque en arrière, on y repenserait peut-être à deux fois.
Maintenant qu’on a 2158 nuits blanches dans les pattes, de quoi faire deux fois le tour de la terre en longueur de couches sales et un foyer infesté de microbes en tous genres à chaque fois qu’Elton nous revient de la crèche, ouais, c’est vrai, on s’est peut être un peu emballées ce dimanche de juillet sur la pelouse parisienne…
M’enfin…
A partir de là, évidemment, on a fait plus ample connaissance, passé des week-ends complets sous la couette, on est parties en vacances, on ne s’est pas lavées dans le désert marocain pendant une semaine complète, on a appris à dormir sans pyjama, je me suis fait arracher mes dents de sagesse, on a changé de boulot, on s’est préparé beaucoup de tartines le matin, on a changé de maison, bref, on a fait comme tout le monde : on a testé la force de notre union, on a testé l’amour mal coiffé qui sent du bec le matin. Eh bien ça tient !
Ca tombait donc bien que nous voulions toutes les deux avoir un enfant, le tout était bien sûr de savoir comment parce que même si certains paramètres nous rapprochaient beaucoup du modèle hétéro dominant (cf. mal coiffées qui pue du bec le matin… !), il nous manquait quand même un accessoire de taille dans la réussite de notre projet…
14 mars 2008
Elton forever
Ah ce petit Elton ne cessera-t-il donc jamais de nous faire rire ?
"Tu sais Elton, Madame X. parle au moins huit langues, tu te rends compte ?"
" Ah bon, elle a plusieurs bouches ?"
************
" Elton tu fais attention où tu mets tes chaussures, j'ai rangé le placard de l'entrée."
" Ah oui et tu l'as mis où ?"
11 mars 2008
Silly-conne Valley
Aujourd'hui en cours alors qu'on travaillait sur l'identité américaine et tous les à priori que l'on nourrit au sujet des Etats Unis.
"Citez moi ce qui vous vient à l'esprit quand on parle des Etats Unis.", que je dis, sûre de mon coup.
"Ben, la chirurgie esthétique", me répond la jeune ingénue du fond de la classe.
"Ah oui ? Mais... je ne suis pas sûre de bien comprendre...", dis-je, d'un air faussement interrogé (mais je crains d'avoir déjà compris le pire)
"Ben quoi madame, vous connaissez pas la Silly-conne Valley ?"
Et là, non, je n'ai pas pleuré de désespoir, mais j'ai savouré l'instant, son petit air désolé et j'ai ri à gorge déployée (je sais, ça n'est pas très pédagogique mais bon...) Du coup maintenant, quand je pense à la Silly-Conne Valley, j'ai des images en tête à faire frémir les magazines les plus coquins...
02 mars 2008
Ne faites pas d'enfant...
... c'est vraiment trop douloureux !
Comme l'indique le post précédent, vendredi soir, j'ai déposé Elton chez mes parents pour que le lendemain, ils puissent tous partir une semaine à la montagne.
Dans la voiture du retour, seule, j'avais un sentiment mitigé. Heureuse de le savoir en vacances, au bon air, à s'amuser comme un petit fou et en parallèle, oppressée de le savoir loin de nous, sans pouvoir le protéger de mes propres mains, de mes propres yeux, sans partager avec lui ces nouveaux plaisirs de la neige et de la glisse.
Aujourd'hui, Thelma & Louise seront déposées chez grand-père et gand-mère parce que demain, c'est nous qui partons changer d'air.
Evidemment, elles ont la bonne idée d'être toutes les 2 malades, ce qui ajoute de l'angoisse à mon angoisse.
C'est douloureux d'être parent et je crains que ce sentiment soit présent toute notre vie.
Je sens comme une oppression dans mon corps et je ne peux m'empêcher de les regarder comme si c'était la dernière fois.
Horrible.
Je sais au fond de moi que ces séparations ne font que du bien et à tout le monde mais elles restent douloureuses. Je sais aussi qu'arrivées à Istanbul, ces craintes seront amoindries mais le plus dur, c'est cette seconde où mon regard se détourne de mes enfants, cette seconde où je perds leur chaleur, leur odeur, leur contact.
Ne faites pas d'enfant, c'est trop douloureux.
01 mars 2008
Le coeur au bord des lèvres
Il est parti. Parti glisser sur les cîmes enneigées.
Avant de partir, il a pris soin de bien remuer son petit couteau dans la plaie béante de mon coeur : "Je t'aime maman, de tout mon coeur, de toute ma vie et je suis triste quand je m'en vais. Tu me feras coucou par la fenêtre, hein maman, tu n'oublies pas hein ?"
Arf je vous jure ces mioches, ça a quand même le don de nous rendre bête et dégoulinant de bons sentiments mais bon, quand même, sa petite tête blonde derrière la vitre de la voiture qui remue sa main pour me dire au revoir, la larme à l'oeil et l'air tout inquiet. Son petit corps qui vient se blottir une dernière fois contre le mien, la tête logée au creux de mon cou et qui me dit qu'il m'aime... y'a quand même de quoi vous faire fondre un iceberg !
Allez, une semaine pour lui, pour faire l'enfant unique et se faire gâter pourrir. Une semaine pour les filles à se faire cajoler par des grands parents impatients et une semaine pour nous, nous deux, rien que nous deux, à se lever à l'heure qu'on veut et à manger n'importe quoi quand on veut. On va retrouver le parfum simple de la liberté... (mais à quel prix ?, me sussure à l'oreille ma petite âme de mère...)
24 février 2008
3 petits moussaillons...
... au musée de la marine.







09 février 2008
On l'aurait retrouvé mort gisant dans son incompétence
Mon opérateur internet a été retrouvé mort ce matin.
Probablement assassiné en raison de sa légendaire incompétence, il est sorti par la petite porte pour nous laisser coupées du monde pour quelques semaines.
Nous reviendrons donc, un jour, mais sommes pour le moment contraintes à des soirées douillettes ou de lecture et retournées au bon vieux temps de la TSF (comme dirait ma grand mère!)
A bientôt donc pour de nouvelles aventures...
05 février 2008
Petits poings vers les étoiles
Du haut de ses bientôt quatre ans, Elton a malheureusement déjà une longue expérience de la mort.
D'abord ce furent Marcel et Ginette, nos canaris "pédagogiques" qui s'en sont allés cet été et voilà que maintenant c'est le petit Kevin, dans sa classe, qui vient de perdre sa maman trois jours avant Noël. La vie est parfois bien cruelle.
Alors bien sûr Kevin est perturbé, Kevin embrasse et étreint tout ce qui a forme humaine : moi, le papa de Léa, Elton et la copine Siham. Kevin a besoin qu'on l'aime, il a besoin de bras autour de son petit corps. Il a besoin de pouvoir rester, encore un peu, le petit garçon qu'il était dans les bras de sa maman.
L'autre jour, en cherchant des yeux l'étoile du berger dans le ciel, Elton nous a dit : "Ben tu vois, la maman de Kevin elle est allée dans le ciel. Tu crois Maman qu'elle est devenue une étoile ?" Ja'i eu mal pour sa petite âme déjà confrontée à une si dure réalité. Et j'ai eu mal aussi pour ce petit Kevin qui ne connaîtra plus la douceur du giron.
Et voilà que depuis quelques jours, Kevin pointe ses petits poings rageurs sur Elton. Lui, le VRP de l'homoparentalité qui clame haut et fort qu'il a deux mamans tandis que Kevin n'en aura plus jamais. Ca me fait mal, parce que j'ai bien malgré moi l'impression de contribuer à la douleur de ce petit garçon. L'homparentalité ennemie jurée de l'orphelin, voilà bien un dilemme auquel je n'étais pas préparée...
31 janvier 2008
La vie devant soi
(Tout d'abord un mot d'excuse pour ces d'entre vous qui persistent chaque jour à venir voir si ce blog est toujours alimenté... merci de vos visites et désolée pour ces très rares écrits.)
L'autre soir, alors que nous profitions de notre première soirée en amoureuses depuis... pfiou... bien longtemps (ben oui, c'est que mon étudiante infirmière de femme s'est prise d'une soudaine passion pour les études et que du coup, entre le travail, la formation, les enfants, les copies et les révisions, il ne nous reste guère de temps pour être fleur bleue). Bref, l'autre soir donc, on repensait à nous, il y a dix ans. (Je sais, c'est nul, ça fait un peu concept pour minettes à la Bruel, mais bon, passons...).
Il y a dix ans, j'étais encore à la fac où je préparais mes concours. Je bossais comme une folle, j'étais une inconditionnelle de Katherine Mansfield dont je découvrais toutes les nuances de féminité, de douceurs et de conflits intérieurs face à un éternel masculin/féminin qui, tout comme moi, la dépassait. J'avais la vie devant moi, des projets plein la tête, un métier à portée de main, des amours à venir et pas encore de rêves d'enfant.
Dix ans. Ca paraît long quand on voit tout le chemin parcouru depuis. Des coming outs à la pelle, un grand amour, un enfant, deux enfants, trois enfants, une vie de "grand". Un tourbillon de vie auquel je n'aurais jamais osé penser il y a dix ans. J'ai rangé mes livres et mes cahiers. J'écoute mes enfants gazouiller et chanter. J'ai remisé Katherine Mansfield en bonne place dans ma bibliothèque. Je les regarde faire leurs premiers pas pour venir se lover dans mes bras. Et finalement, même si notre vie nous dépasse un peu parfois, même si on croule souvent sous une montagne de travail et sous des heures de sommeil manquées, toutes ces surprises de la vie sont quand même une bénédiction dont on ne saurait plus se passer maintenant.
Et vous il y a dix ans ? Vous étiez où, vous faisiez quoi ?
07 janvier 2008
Grosses cernes et attermoiements
L'année commence comme elle s'était terminée : avec deux mamans exténuées et trois bambins excités.
Parfois j'en viens à me dire que le métier de mère n'est vraiment pas fait pour moi. C'est vrai : je crois que mon coeur tendre ne se fera jamais à tout ce charivari de sentiments contrastés : du rire aux larmes, de la fierté à l'interrogation, du doute à la culpabilité, des interrogations aux décisions censées être révolutionnaires. Bref, depuis que je suis maman, ma tête est un champ de bataille et je suis constamment en lutte contre moi même pour tenter de ne pas laisser toutes ces interrogations m'atteindre et me submerger.
Bien plus que tout le côté logistique lié à la vie de famille à 5 avec 3 enfants encore en bas âge et très dépendants, c'est véritablement le côté affectif et culpabilisant du rôle de parent qui m'use le plus. Et quand je pense à la guerre psychologique qu'est l'adolescence, je me dis qu'il va falloir que je me forge une carapace bien épaisse si je ne veux pas finir mes jours à errer en robe de chambre dans la maison, ridée et pas fraîche, usée par une vie de vaine lutte.
Bref, vous l'aurez compris, tout comme Indilou qui vient elle aussi de faire l'expérience de l'absurdité du mot "vacances" quand on a des enfants, cette quinzaine de congés scolaires m'a littéralement épuisée. Je ne suis que l'ombre de moi même ce matin et bien entendu, je culpabilise du petit "ouf" de soulagement que j'ai osé prononcer quand j'ai déposé les enfants à la crèche et à l'école pour faire face à ma première journée d'adulte libre de l'année 2008.
31 décembre 2007
Nos voeux pour vous par eux
Joyeuses fêtes et très belle année 2008





