Alleluia Salim !
Ce matin, sur mon trottoir, à l'heure où les mamans reviennent de l'école.
Deux femmes voilées, penchées sur un berceau.
Deux homoparent(e)s ayant fraîchement déposé le gai trio.
Un petit Jésus-Salim, dans son berceau.
Et toutes ces femmes de s'attendrir sur ce petit marmot, devisant outre-voile, outre-cultures sur ce qui nous rapproche toutes : la maternité.
La cohabitation (sauf post-législatives !), c'est aussi simple qu'un brin d'humanité.
Merci !
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Des rires, des pleurs, des joies, des naissances... un mariage bientôt, peut-être...
La route n'est pas terminée : une loi à faire voter, des ados à faire grandir dans un contexte alternatif, toute une vie à inventer...
Merci à tous d'être si fidèles à nos aventures !
Petits mensonges entre amours
Avec les élections et la très attendue proposition de François Hollande de légaliser le mariage de partenaires de même sexe, je me suis aperçue qu'il existait chez nous un sujet tabou.
Eh oui ! Bien que la discussion soit de mise par chez nous, je viens de réaliser qu'il y a une chose dont je n'ai jamais parlé à mes enfants.
A la question : "Pourquoi les mamans veulent-elles se marier ?", invariablement notre réponse est la suivante : "Parce qu'on s'aime et parce que ce n'est pas normal de ne pas pouvoir choisir qui on aime."
Mais cette réponse est incomplète, on devrait ajouter : "Pour pouvoir devenir VRAIMENT ta maman, pour ne pas être privée de toi, de vous, si jamais quelqu'un le décidait à ma place, pour ne pas que "celle dont je tairai le nom" puisse, sur un coup de tête, me faire les pires misères pour vous ramener à sa névrose."
Mais qui aurait le coeur de dire ça à des enfants ? Certainement pas moi...
Alors vite, vite légalisons pour que nous n'ayons plus à mentir par omission, et pour qu'enfin notre famille soit pérenne et digne, comme elle le mérite.
The wheel is turning
Dimanche électoral, reprise du travail, bientôt l'anniversaire de nos greluches blondes, une partie de pêche pour Elton, des amis qui se séparent, une visiste par ci, des tomates en attente d'être plantées, ce blog qu'elle ne lira pas, des invitations par là... la vie qui va malgré ce trou béant en plein milieu de moi...
Ses illusions perdues
Grand-mère est devenue poussière aujourd'hui, et avec elle, au hasard d'une petite dent tombée, mon grand garçon a perdu toutes ses illusions.
Thelma perd une dent, Elton découvre que la souris n'existe pas.
Il tire le fil de sa pensée, et c'est les cloches et le Père-Noël qu'il envoie valdinguer.
"Mais pourquoi Maman les parents font-ils semblant ?"
Il m'a semblé qu'aujourd'hui, la meilleure réponse à lui faire était que les parents avaient envie de cultiver une part de rêve dans le coeur des enfants pour leur faire la vie plus belle.
Et aujourd'hui, avec eux, mon coeur d'enfant a eu envie de croire aux anges qui sont au firmament.
Dernier hommage
Selon certaines croyances, l'« âme » du défunt quitte son corps pour habiter,
après une nouvelle naissance, un autre corps, un animal ou un végétal.
L'idée est belle, je l'ai exposée à mes enfants et leurs cœurs ont joliment parlé.
- Pour Thelma, sans hésiter, grand-mère renaitra dans un cœur tout rouge.
- Pour Louise grand-Mère vivra au travers de maman-Molly.
- Elton, quant à lui, reste encore silencieux. Peut être n'a t-il pas encore trouvé
un endroit digne de sa grand-mère.
Et puis j'ai moi-même imaginé une renaissance.

Si elle était une fleur, elle serait des Gerberas pour leurs couleurs chaudes comme le soleil.
Si elle était un arbre, elle serait un saule pleureur, parce qu'il est centenaire et qu'il est suffisamment fort pour porter ma douleur.
Si elle était une peinture, elle serait un Modigliani, pour sa profondeur de l'âme.
Si elle était un voyage, elle serait 2 pays. D'abord l'Australie, pour y avoir des souvenirs inoubliables. Et puis le Vietnam. Le pays qu'elle pourra découvrir du haut de son étoile.
Si elle était une partie du corps , elle serait le sourire. Un sourire aussi expressif et éclatant que le sien.
Si elle était un oiseau, elle serait un kookaburra d'Australie parce qu'elle et lui ont
le même rire très joyeux.
Enfin, Si elle était un nuage, elle serait un cumulus. Le nuage du beau temps,
celui qui ne porte pas la pluie.
Je finirais sur une conversation légère et naïve que nous avons eue hier avec
nos enfants.
Le paradis est un long voyage. Grand-mère y est parvenue.
Elle est devenu un ange tout blanc et tout nu.
Mon papillon...
Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,
Empêchez le chien d’aboyer pour l’os que je lui donne,
Faites taire les pianos et sans roulement de tambour,
Sortez le cercueil avant la fin du jour.
Que les avions qui hurlent au dehors
Dessinent dans le ciel ces trois mots : Elle Est Morte,
Nouez voiles noirs aux colonnes des édifices,
Gantez de noir les mains des agents de police.
Elle était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest,
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson,
Je croyais que l’Amour jamais ne finirait : j’avais tort.
Que les étoiles se retirent ; qu’on les balaye ;
Démontez la lune et le soleil,
Videz l’océan et arrachez la forêt ;
Car rien de bon ne peut advenir désormais.
Wystan Hugh Auden
Devenir mère
Demain c'est le grand jour.
Ironie du sort, en ce jour d'élections, peut-être que demain m'apportera le deuil tandis qu'au même moment un candidat me donnera peut-être le droit de "devenir" la mère de mes enfants.
Votons bien ! Votons la protection de nos familles ! Aujourd'hui plus que jamais, je ne supporterais pas l'idée même qu'on me refuse le droit de protéger ceux que j'aime tandis que je me vois contrainte de laisser partir celle qui m'a donné la vie.
Demain...
Il y a des jours comme ça, où l'on n'ose pas aller se coucher de crainte que demain n'arrive trop vite.
Il y a des soirs comme ça où la nuit appelle les démons et où l'on craint l'appel qui nous mènera vers un tout autre ailleurs...
Mères indignes
Une fois par an, la veille des vacances de printemps nous offre une occasion de nous comporter en mères indignes.
Comme il est de tradition chez nous depuis quelques années, avant de partir en vacances, on propose aux enfants le super duo de la mort qui tue, j'ai nommé : pizza / télé !
Ben ouais, vous attendiez peut-être une orgie lesbienne arrosée au champagne, il n'en sera rien ! Non mais ! On a des élections à gagner oui ou m*** ?!
Bref, pizza / télé, ça ressemble à rien dit comme ça, mais quand on n'a pas de télé à la maison et que les mamans s'efforcent toute l'année de faire un dîner équilibré le soir... ben c'est la super méga fête pour les enfants ! Et, je vous fais une confidence... c'est à moindre frais pour les mamans !
Quality time
Le problème (que certains verront comme un grand privilège, et c'en est un) quand on est prof, c'est qu'on a pas mal de temps à passer auprès de ses enfants.
Je commence par en parler comme d'un problème parce que, il faut se rendre à l'évidence, la quantité n'est pas toujours placée sous le signe de la qualité. Imaginez deux mois d'été passés à ne faire QUE du baby-sitting avec trois petits diablotins... Imaginez toutes les soirées goûter-parc-devoirs-jeux-douche-dîner-lavage de dents-"Monsieur Bavard" lu et relu jusqu'à ce que mort s'en suive, seule avec mes bambins.
J'ai l'immense bonheur d'avoir trois adorables enfants MAIS j'ai aussi du temps répétitif, du temps quotidien fait de contraintes et d'horaires à passer avec eux et j'en viens donc à penser que cette abondance de temps nuit parfois à la qualité de nos relations (Vous me suivez ? Oui, je sais... les femmes, c'est trop compliqué !)
Bref, petite conversation familiale donc.
Moi : "Thelma, tu crois qu'ils pensent quoi de toi les autres à l'école ? Dis moi quels sont tes qualités et tes défauts."
Thelma : "Ben... ils me trouvent bavarde, ils disent que je rapporte trop mais aussi, ils pensent que je suis très gentille dans mon coeur."
Moi : "Bien, et toi Louise ?"
Louise : "Moi, ils me trouvent belle... et aussi trop bavarde et que parfois je fais des comédies."
Moi : "Bien, tu m'as l'air de bien te connaître dis moi... Et toi Elton ?"
Elton : (pur mec !) "Moi, pas de défauts !"
Moi -Thelma - Louise : "Oh le menteur !"
Moi : (dans un esprit de discussion ouverte s'entend ) " Et moi alors, quels sont mes défauts ?"
Louise : "Quand tu te fâches."
Thelma : "Oui mais elle se fâche parce qu'elle nous aime et qu'elle a raison de nous dire si on fait des bêtises. Mais en fait... en fait Maman, ben... je crois que tu n'as pas de défauts... enfin... pas à la maison !"
Moralité : 3467 lectures de "Monsieur Bavard" ça vous taille la part du lion dans le coeur d'un enfant.
Poésie
Kip a coutume de me dire qu'avoir deux petites filles c'est un cadeau très poétique offert par la vie.
Et elle a entièrement raison...
Thelma hier se confiait à moi pour me dire "plus tard, quand je serai grande, je serai harpe enchantée Maman."
Mais Louise, elle, beaucoup plus terre à terre m'a signalé, en toute délicatesse "Ton écharpe Maman, elle sent le pet."
La poésie... on l'a en soi... ou pas !
Déconstruire
La logique voudrait que notre éducation soit totalement dépourvue de clichés sexistes de base et pour autant (et à mon immense et infiniment grand désespoir), il n'en est rien... (soupir)
Exemple de conversation familiale :
Thelma : "Maman, Molly, t'es sûre que tanteL va pouvoir venir en vacances avec son amoureux ? Non, parce que... qui va garder les bébés ?"
Moi : " Ben voyons Thelma, tanteL et son amoureux vont garder leurs enfants ensemble pendant leurs vacances, pourquoi ?"
Thelma : "Mais Maman, c'est pas possible, il travaille trop, il n'a pas le temps de s'occuper de ses enfants, c'est normal."
(arrggghhhhh "c'est normal"... crochet au foie)
Moi : "Comment ça c'est normal ?"
Elle : "Ben... tanteL, elle ne travaille pas beaucoup, donc lui, s'il travaille, il ne va pas en plus s'occuper des enfants..." (re-crochet au foie)
Moi (vais tenter l'esquive) : "Alors écoute, réfléchissons... Dans ton entourage, est-ce que tu connais des personnes qui travaillent dur ?" (j'ai un vague espoir de redorer mon égo bien amoché)
Elle :"Euh... ben... non." (sale gosse va !)
Moi : "Ah bon ? (voix tellement haut perchée que j'ai bien failli avaler mon cache-dents) Parce que tu trouves que les mamans ne travaillent pas beaucoup peut-être ?"
Elle : "(... voyez venir le cliché sur le prof... moi, j'ai pas vu venir, pan ! dans ta face !) En fait, Maman Kip, elle travaille beaucoup beaucoup, mais toi, vraiment pas beaucoup." (uppercut - direct au menton).
Moi : (KO, mais pas tout à fait morte) "Bon, tu ne me vois pas travailler (c'est bien là tout mon art !), mais je travaille et je m'occupe de vous aussi. Donc, c'est possible."
Elle : "Oui mais, ton travail, c'est pas vraiment un travail. Parler en réunion, parler anglais... c'est pas difficile... alors, tu peux bien t'occuper de nous."
(vous reprendrez bien un petit crochet au foie ?)
Note pour une prochaine vie : ne pas faire d'enfants.
Two women - two votes
Parce que même quand l'entourage est tolérant, il est des portes qu'il faut enfoncer.
Dialogue avec ma mère aujourd'hui.
- "Ahhh, on vient d'aller faire faire nos procurations de vote pour les présidentielles, on peut partir en vacances tranquilles."
- "Ah oui ? Et donc, vous savez pour qui vous allez voter ?"
- "A l'évidence oui... Ils ne sont pas 36 à proposer mariage et adoption pour les couples de même sexe, Maman."
- "Ah non, ne me dîtes pas que vous allez voter pour M. Fromage Mou...!"
Et nous de lui indiquer, avec force détails, toute la précarité qui est la nôtre, l'insécurité dans laquelle vivent nos enfants sans qu'elle en ait conscience, la perpétuelle menace que représente une belle-famille aux aguets du moindre faux pas, notre présence auprès de nos enfants et dans tous les aspects de leur vie sociale qui ne tient qu'à la bonne volonté de nos interlocuteurs, notre angoisse sur un avenir qui pourrait séparer, notre statut de sous-citoyens et notre désir grandissant d'être enfin... enfin reconnues comme des mamans...
Mais voilà, à force d'une vie de famille banale qui ressemble tant à celle de tous les autres, à force de cette volonté farouche de faire nos preuves au quotidien, tout semble si facile, si bien organisé qu'on en oublie parfois que nous n'avons pas de droits...
10 ans après...
... quid de ce PACS ?
Notre couple a fait ses preuves et trois enfants.
Nous avons passé la frontière clandestinement 4 fois en tout pour nous octroyer le droit d'être des parents.
Et tout ce joli petit monde vit à la merci d'un aléa de la vie...
10 ans qu'on attend que notre statut soit statué.
10 ans qu'on espère qu'un jour nous serons autre chose pour nos enfants que "la partenaire de pacs" de maman.
Dans 4 semaines... peut-être...
J'en suis presque réduite à la prière, il est grand temps que le suspens s'arrête là...
Pacsettes !
Il y a 10 ans (oh…my…god ! 10 ans), Kip et moi décidions qu’il était temps de convoler en justes noces.
Nous allions nous pacser, quel joli nom ! Estimons nous heureuses ceci dit, je rappelle qu’à peu de choses près, nous avons échappé au très chic CuCage (contrat d’union civile) qui aurait pu faire de Kip ma… Cucette ? (prononcez QuQuette ou Cussette ou Sucette selon les pratiques).
La bouche en cœur, la flèche de Cupidon plantée au beau milieu du front, nous voilà donc parties, main dans la main, au délicieux tribunal d’instance de notre bucolique municipalité du neuf-cube. Ahhh cet accueil…, petit ticket n°345A, trois chaises puantes pour 342 personnes en attente, un hygiaphone antédiluvien et une fonctionnaire comme on n’en fait plus (Déesse merci !).
3h58 plus tard… « Oui, c’est pour quoi ? »
On se penche sur l’hygiaphone, sourire arrimé aux lèvres, petits pieds dessus-dessous « On vient déposer notre contrat de Pacs Madame. »
Regard désabusé, encore des gouinasses… « Oui. Bureau 6B. Vous attendez là, on viendra vous chercher. »
Ca y est ! Dans quelques instants, nous serons un VRAI couple. La preuve, nos alliances sont là, dans notre sac. Ahhh, ces alliances. Celle de Kip pèse 8 grammes, la mienne 3. Nous avions choisi de les faire graver, une citation de Shakespeare… « L’éterniter et un jour. »… « Ah, non Monsieur, désolée, je crois que vous avez fait une faute d’orthographe. »… « Pas grave, ma petite dame, on va polir la gravure et recommencer. »
2ème version : « L’éternité & un jours »… « Z’avez vu, me suis appliqué cette fois hein ? »… « Oui, mais s’il n’y a qu’un jour, je pense qu’on pourra se passer du S. Et pendant que vous y serez, pas de raccourci hein, vous m’écrivez ET, ok ? »… « Pas de problème ma petite dame… c’est juste que, deux alliances de femme dans la même commande euh… pas l’habitude quoi. ». Ben oui… m’enfin, le rapport avec les fautes d’orthographe m’échappe encore. Bref, on ne va pas se contrarier pour si peu hein.
De polissage en polissage donc, j’ai bien perdu 5 grammes.
…
Nous revoilà donc au tribunal d’instance, nos alliances à portée de main.
« Ticket 345A, bureau 7 ! », nous crachotte l’hygiaphone.
Des papillons dans l’estomac, petit coup d’œil attendri à ma future pacsette… ca y est ! En jeans et en baskets, la journée déduite de nos congés annuels, après 3 nescafés infâmes et une matinée d’attente, nous entrons dans la salle de cérémonie : un bureau austère, des murs verts à vomir, un portrait de Monsieur le Maire qui trône au dessus de la tronche des mauvais jour d’une greffière indisposée.
Pas un mot, pas un regard et quelques signatures en bas de pages plus tard, Kip et moi avions scellé notre union par un papier rose (révocable à tout instant unilatéralement, ne donnant pas de droit à une imposition commune avant 2 ans de probation et nous étiquetant pour de bon comme des gouinasses désireuses de « singer » le mariage hétéro… car telle était la presse du Pacs en ces temps reculés).
HEU-REU-SES !
Pour le petit baiser, faudra attendre d’être à la maison, le tribunal donne sur la gare routière… Alors, on reprend la voiture. On s’est pris une contravention pour défaut de paiement du stationnement, on avait prévu 2 heures… il en a fallu 4. Quatre heures pour nous signifier que cette union ne valait ni tambours, ni trompettes. Quatre heures et deux ans de probation pour faire la preuve que nous n’étions pas un couple d’opérette.
Niées mais HEU-REU-SES.
Niées mais DIGNES.
Secret de longévité
Elle est arrivée ce matin à 7h55, je suis partie avec les enfants à 8h00.
Elle a dormi toute la journée, impossible de l'appeler.
Je suis rentrée à 17h55, elle est repartie, tasse de café à la main, à 18h00.
Elle, infirmière la nuit, moi prof le jour. Toutes les deux au chevet de la France, perdues dans nos errances.
A raison de dix minutes par jour, le couple s'use en combien de temps ?
Grand oral
Ce matin, c'était remise des bulletins trimestriels à l'école des enfants...
Moment tout aussi redouté qu'attendu, surtout dans la Rainbow Family (là, on arrête de respirer).
Je m'explique :
Le "jugement" des profs sur le travail et les résultats des enfants est, quoi qu'on en dise, un jugement sur vos qualités de parents (et de parent/prof parce qu'en ce qui me concerne, c'est la double peine !), votre aptitude à encadrer, éduquer, fermement mais en douceur. Ainsi, le 6/10 en dictée se transforme en un verdict sur vos piètres qualités de précepteur tandis que le 9/10 en arts plastiques atteste de vos nombreuses visites dominicales au Louvre.
Pffff...c'te pression !
Et parce que nous savons que si un jour il prenait à nos enfants la folle idée de dézinguer un tant soit peu, nombreux seraient ceux qui jetteraient vite l'opprobre sur notre famille pour justifier le dérapage. Parce qu'en effet, combien de fois j'entends moi même dire, en salle des profs "Ahhh celui là, pas étonnant qu'il déconne, y'a pas d'homme à la maison !".
Voilà donc avec quelle charge sur les épaules il nous incombe, une fois par trimestre, d'aller recevoir le verdict de l'institution sur notre éducation...
Parfois on repart avec l'amère sensation d'élever un essaim de délinquents, mais aujourd'hui, c'est une pluie de félicitations qui s'est abattue sur nos petits arcs en ciel ! (là, on peut reprendre une respiration normale). Bravo les enfants !
Father figure
De tout temps, et en bons homoparents que nous sommes, nous avons médité sur la nécessité d'inclure dans notre entourage des figures masculines qui pourraient être des "référents" pour nos enfants.
En ce sens, il me semble que nous n'avons pas trop mal joué notre coup.
On a le modèle footeux, le modèle bricoleur, le modèle geek, le modèle penseur, le jardinier, le pêcheur... Bref, presque tous les apôtres sont à l'appel !
Les choses, en revanche, se compliquent quand nos enfants, au hasard de leurs divagations, choisissent eux mêmes leurs référents et/ou pères fantasmés.
Référencement des modèles envisagés :
1. Elton a trois ans, c'est la campagne présidentielle, nous passons chaque jour, en allant à l'école, devant les affiches de campagne. Un soir, Elton sort de la douche et me dit :
- "Maman tu sais, moi, j'aimerais bien avoir un papa..."
- Moi (ok now, that's THE question, celle qu'on avait attendue, préparée, documentée... mais... suis toute seule... Kip ???? Euhhhh... Ok, donc, j'me lance...) "Ah oui mon Elton ? Et donc, ce papa, tu l'imagines comment quand tu y penses ?"
- "Ben... il serait bricoleur, il aurait... un gros camion et il s'appellerait... Nicolas Sarkozy !"
-" Blurp ! "
2. Nous nous promenons sur les trottoirs de la ville en travaux. Un ouvrier noir comme l'ébenne sort du trou béant qu'il a creusé dans la chaussée, Thelma se lance à sa rencontre et crie "Papa !"
3. Un jour pour s'amuser, Elton, Thelma et Louise ont sorti les déguisements. Tout y passe : les sévillanes, le cow boy, la princesse, la fée craspouette et Elton se pointe soudain avec des lunettes de soleil à monture blanche et une perruque blonde bien bouclée. Immédiatement, tout le monde éclate de rire et mon Elton de deviser "Tu sais Maman, je voulais ressembler à celui qui chante là, tu sais... comment il s'appelle déjà ?... Je crois bien que c'est lui qui t'a donné sa graine..."
Il était une fois ahhhhh, toi et moi ahhh !!!!
La préhistoire de leur humanité - épisode 2
Puisque vous êtes des milliers (restons pessimistes dans nos estimations !) à vous interroger sur la suite donnée à l'employée municipale du service d'état civil, voici donc comment j'ai livré bataille pour obtenir une lueur d'humanité dans son coeur de femme.
Kip est en pleurs, elle me revient, pousse la porte de ma chambre de maternité, se penche sur le berceau de notre Elton et, la larme à l'oeil, elle se désole :
- "Voilà mon Elton, je me doutais que ça ne serait pas facile, mais je ne pensais pas que ça commencerait si tôt... Tu vois Molly, je te l'avais dit, ça va être comme ça tout le temps..."
Alors j'ai décroché mon téléphone...
- "Madame Z ? Oui, Molly Stone. Vous venez d'accueillir ma compagne et vous lui avez refusé le droit de déclarer notre enfant. Vous rendez-vous compte de la cruauté de ce que vous venez de faire ?"
- "..."
- "Madame Z, avez-vous un lien de parenté avec votre mari ? Non, parce que si c'est le cas, laissez moi vous informer que vous vivez dans l'illégalité complète. L'union consanguine, c'est formellement interdit en France. Le Pacs quant à lui est parfaitement légal, je vous le rappelle."
- "..."
- "Et vous vous appuyez sur quel texte pour lui refuser ça ?"
- "..."
- "Non et sinon, pour revenir à la cruauté dont vous avez fait preuve, vous avez des enfants ?"
- "Oui, deux."
- "Vous êtes une mère, donc... Vous allez comprendre ce que je vais vous dire alors... La naissance d'un enfant, c'est le plus beau jour d'une vie de femme non ? Imaginez que quelqu'un ait préféré un fonctionnaire lambda plutôt que votre mari pour déclarer vos enfants... Juste une minute, replongez vous dans ce beau jour et imaginez qu'il se soit fait jeter, comme vous avez jeté ma compagne, le jour où tout aurait dû être une fête... C'est dur n'est-ce pas ? Eh bien c'est ce que vous venez de faire, sans raison, juste comme ça, par peur de créer un précédent ou de devoir rendre des comptes..."
Et voilà comment j'ai renvoyé ma Kip à la mairie déclarer son petit mec qu'elle avait passé tant d'heures à rêver, salopette, casquette, bicyclette...
Mais la fête était gâchée...










