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Petit, rablé, vêtu d'un bleu de travail, casquette vissée sur la tête, il entre sans avoir sonné ni attendu à la grille.
"Gkjier, blehlkn jkhgKJBC bjhdgkfjg !"
Je reste là, interloquée. Les langues (!!) étrangères, c'est pourtant mon domaine.
Nous attendons un RDV mais il est prévu un peu plus tard.
Je fais donc barrage de mon auguste personne devant la porte et règle mon décodeur à charabia.

"Bonjour Monsieur, c'est pour quoi exactement ?"
"Gkjhmk lkehr mzqleiùp, menuisiers bcdoiU"
"Ah oui, vous êtes bien en avance dîtes moi, entrez, je vous en prie."
Et le voilà donc qui entre, trousse à outils en main, prêt à en découdre avec mes fenêtres.
"HLkiup alkzepa clierup."
"Oui, c'est ça, il faut changer la fenêtre à l'étage, elle était défectueuse quand elle a été livrée. Il faut aussi installer toutes les grilles d'aération et déplacer les accroches des volets."
"Hksjhcdleuzh, jqlsicdzehdk hlkjdhhzzhgsd sghdguzhb sdjhzgeiu."
"D'accord, à tout à l'heure !"
Je descends et bois un café au son de la perceuse et des raclements de gorge bien gras du monsieur à casquette.
Kip est planquée dans les toilettes, les langues étrangères, c'est pas son truc, pas plus d'ailleurs que les petits rablés à casquette matinaux.
Quelques minutes plus tard, il en a terminé d'ajuster mes fenêtres. Le voilà donc qui s'approche de moi pour articuler la 1ère chose intelligible de la matinée.
"544 euros."

Moralité :  money talks !